Un employé s'est donné la mort le 28 juillet dernier mettant en cause «la surcharge de travail» et «le management par la terreur»...
Six syndicats de France Télécom ont envoyé, ce mardi, une lettre au président du groupe, lui demandant de «prendre en considération», le problème de la souffrance au travail et des suicides de
salariés. Les représentants des salariés demandent à leur direction d'entamer des négociations sur le stress dès la rentrée.
Dans cette lettre, les organisations syndicales (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, Sud) rappellent que «trois nouveaux suicides sont intervenus depuis la mi-juillet» parmi des salariés de l'entreprise,
dont l'un à Marseille a laissé un courrier mettant en cause sa «surcharge de travail» et le «management par la terreur». «Protéger la santé physique et mentale des salariés» «Nous vous demandons
de montrer clairement aux salariés que vous êtes déterminés à chasser la souffrance au travail de notre entreprise», écrivent les syndicats, qui exigent également du président du groupe, Didier
Lombard, qu'il assure «sans délai (son) obligation (...) de protéger la santé physique et mentale des salariés», et réponde «favorablement à la demande de négociations dès la rentrée pour la
déclinaison dans le groupe (...) de l’accord interprofessionnel sur le stress».
Les syndicats lui demandent aussi «d’inscrire à l’ordre du jour du CNSHSCT (Comité national pour la santé, l'hygiène, la sécurité et les conditions de travail) du 10 septembre la question des
suicides à France Télécom».
Parmi les causes de la souffrance au travail dans le groupe, ils dénoncent l'«intensification du travail», les «suppressions d’emplois», les «changements de métier», les «mobilités contraintes»,
les «pressions sur les départs», la «perte d’identité de nombreux métiers» ou le «management par l’intimidation». «Dans l'entreprise, les gens se sentent désemparés» «Il est urgent d’y mettre un
terme et que l’entreprise prenne enfin en considération autre chose que la seule rentabilité financière de court terme», ajoutent-ils. «Nous sommons France Télécom de prendre certaines
initiatives contre la souffrance au travail», a expliqué Patrick Diochet (CFTC). «Aujourd'hui, dans l'entreprise, les gens se sentent désemparés», a-t-il ajouté. Mais «cela n'a rien à voir avec
la crise, c'est lié à la volonté de la direction que le management soit tourné vers les objectifs, sans prendre en compte le facteur humain», a-t-il estimé.
L’opérateur a ouvert depuis deux ans des espaces d’écoute, onze au total, où les salariés peuvent parler librement, demander un changement d’équipe, de rythme de travail ou suivre une
consultation médicale.
Source: 20 minutes.fr