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La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) se caractérise par le
recyclage de réformes déjà menées et la généralisation de la réforme de l'administration territoriale de l'Etat.Ce chantier devait s'achever en juillet 2012 par une amélioration du fonctionnement
administratif des ministères et une réduction des déficits publics.
La CFDT a contesté d'emblée cette réforme dont la méthode (audit en catimini) et les enjeux (aucune identification des objectifs) restent flous ou inavoués.
L'analyse de cette année écoulée, montre l'évidence des effets restreints de la réorganisation administrative de l'Etat sur
les déficits publics. En effet, les économies annoncées de 7 à 8 milliards d'euros sont très vite apparues sujettes à caution. On comprend que les gisements d'économies potentiels se situent
davantage en France sur les budgets d'intervention sociale, les dépenses de solidarité, qui supposeraient eux d'abord une négociation avec les partenaires sociaux, et donc rupture avec la méthode
RGPP, pour éviter un impact préoccupant sur les populations les plus fragiles.
Vouée à l'échec
Avec la crise, une contrainte supplémentaire s'exerce sur les administrations publiques, leur imposant encore plus
d'efficience (rapport coût / efficacité). Avec une réforme conduite uniquement sur le plan technique, le gouvernement montre, en se coupant de l'avis des intéressés (fonctionnaires et
usagers), que cette réforme est une nouvelle fois vouée à l'échec et va aggraver les fonctionnements des services publics.
Or, l'amélioration continue du fonctionnement de l'Etat est un impératif de justice pour l'ensemble de la
société.
A ce jour, les réorganisations conduites ne sont que des fusions de services menées à la hâte qui redessinent les contours des missions de l'Etat sur les territoires sans concertation ni évaluation. L'anxiété des agents s'accroît, la désorganisation de l'administration est souvent effective, à un moment de crise où elle est fortement sollicitée par les usagers. Le dialogue social est généralement inexistant avec les préfets sur l'organisation des services.
Enfin cette réforme s'inscrit dans une logique de recentralisation de l'action politique, en totale contradiction avec la
construction d'un Etat décentralisé qui aurait clarifié les missions des collectivités territoriales, positionné de véritables chefs de file sur les grands dossiers territoriaux (économie,
infrastructures, social, formation...), et ainsi pu permettre à la fois de réelles économies budgétaires (en supprimant les missions doublons entre les services de l'Etat et ceux des
collectivités territoriales), une meilleure compréhension des missions par les citoyens et une plus grande efficacité de service.
La CFDT, à l'heure où la RGPP patine, demande:
- l'installation d'un véritable dialogue social, la mise en place de plans régionaux pour la gestion des ressources humaines (formations, appui à la mobilité, bourse aux emplois...) ;
- une information claire pour les citoyens usagers
- des garanties pour des services publics de qualité sur l'ensemble du territoire.
La CFDT revendique que des solutions soient trouvées pour améliorer la qualité les conditions de travail des salariés des fonctions publiques et la qualité du service au citoyen en dehors de toute posture dogmatique et idéologique qui produit des effets néfastes et complètement contreproductifs.