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Après huit semaines de conflit et de tension, la situation se décante au sein de l'entreprise Creuzet Aéronautique, basée à Marmande. Aujourd'hui, les salariés vont réintégrer les ateliers en stoppant les débrayages. Même si aucun accord n'est encore signé entre la direction et les représentants syndicaux et du personnel, la grève est terminée.
Les deux parties semblent être satisfaites des ultimes négociations, commencées jeudi matin et achevées vendredi soir. Deux longues journées, où le ton est souvent monté.
Si jeudi, le PDG, Jacques Barillot-Creuzet, et son directeur général, Yannick Ghiron, ont vécu des heures douloureuses face à la détermination des salariés, la journée de vendredi s'est passée sur terrain neutre, à savoir dans les salons de la sous-préfecture.
Jours récupérés
Les accords salariaux, négociés sur les trois prochaines années, sont les suivants : 45 euros brut pour tout le monde et 0,8 % d'augmentation individuelle pour cette année ; 1,2 % d'augmentation générale et 1,4 % de hausse individuelle pour 2011 et 2012. En outre, si les jours de grève ne seront pas payés, ils seront récupérés.
On est loin des propositions initiales, puisque les employés réclamaient une prime de 500 euros net pour compenser le gel des salaires en 2009, ainsi qu'une augmentation générale de 3 %.
« C'est certain, acquiesce les délégués syndicaux, nous avons fait beaucoup de concessions. Et c'est un euphémisme. Mais aujour-d'hui, nous sommes dans une situation où il faut jouer le jeu de l'adversaire, tout en gardant une main de fer dans un gant de velours. Exercice difficile. Nous avons convoqué hier, à 13 heures, une assemblée générale du personnel afin de lui annoncer les accords oraux. Si la majorité s'est montrée fataliste sur les négociations salariales, elle a tenu à faire preuve d'une grosse réticence en ce qui concerne l'application du "lean manufacturing" (NDLR, amélioration de la productivité sur chaque poste de travail). Nous avons eu un grand débat à ce sujet. Et nous avons les arguments pour mettre en place des garde-fous. »
Les salariés attendent désormais les propositions écrites de la direction avant d'en accepter tous les termes et de les parapher. Mais l'accord est proche.