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Les membres de l'intersyndicale formée la semaine dernière se sont retrouvés lundi 15 février peu après 19 heures pour élaborer une position commune à l'issue du sommet social entre Nicolas Sarkozy et les partenaires sociaux. Cinq organisations (CGT, CFDT, FSU, Solidaires et l'UNSA) ont décidé d'appeler à une journée d'action interprofessionnelle le 23 mars pour la défense de l'emploi, des retraites et du pouvoir d'achat. Selon une source syndicale, les représentants de FO, de la CFE-CGC et de la CFTC n'avaient pas reçu de mandat de leur organisation pour prendre une décision dès lundi soir.
"La situation économique et sociale nécessite l'intervention convergente des salariés du public comme du privé, des retraités, des privés d'emploi, pour porter avec force leurs attentes et
défendre leurs intérêts communs", écrivent la CFDT, la CGT, la FSU, l'UNSA et Solidaires dans un communiqué diffusé à l'issue de la réunion, au siège de la FSU, près de Paris. Selon les
signataires, "le gouvernement n'a apporté aucune réponse concrète sur l'emploi, les salaires, le pouvoir d'achat, les conditions de travail et les politiques publiques. Il renvoie la
question des chômeurs en fin de droits à une concertation", ajoutent-ils, et "ne dit rien non plus sur le malaise dans la fonction publique".
Répit sur les retraites
Sur la question des retraites, "les organisations syndicales affirment leur volonté d'agir pour que le débat prenne en compte l'ensemble des questions tant au niveau du privé que du public,
notamment le niveau des pensions, l'emploi, le financement, la pénibilité, le code des pensions et la réduction des inégalités".
En annonçant qu'un projet de loi sur les retraites ne serait pas déposé au Parlement avant "septembre", Nicolas Sarkozy avait pourtant donné un peu de répit aux syndicats, inquiets à la
perspective d'une réforme à la hussarde au cœur de l'été. En revanche, le président de la République n'a pas donné satisfaction sur la question des chômeurs en fin de droits, pour lesquels les
syndicats réclament d'urgence une solution, renvoyant à "une concertation" avec le secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez. Des divergences
existaient quant à l'intégration ou non de la question des retraites dans le mot d'ordre d'une journée d'action nationale.
Bernard Thibault (CGT) tire de ce calendrier la conclusion que les salariés ne doivent pas perdre de temps pour s'exprimer sur l'ensemble des sujets qui sont
sur la table. Il appelle donc à une "mobilisation coordonnée sur les questions d'emploi, de pouvoir d'achat et de retraite".
François Chérèque (CFDT) est lui aussi à moitié satisfait par le calendrier sur les retraites, puisqu'il avait insisté pour que le débat se déroule "sur l'ensemble de l'année
2010".
Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, juge également que les délais sont "trop courts si on veut traiter du fond du dossier". Conclusion
de M. Thibault : "Il ne faut pas perdre de temps" pour mobiliser les salariés.
Solidaires, qui n'était pas conviée à la rencontre de l'Elysée, estime que ce "sommet sans social" n'a apporté aucune avancée. Dénonçant la volonté répétée du gouvernement de
reporter l'âge de la retraite au-delà de 60 ans, le syndicat estime qu'"un mouvement de grève et de manifestation nationales est nécessaire avant fin mars".
Le secrétaire général de l'UNSA (Union nationale des syndicats autonomes), Alain Olive, se félicite quant à lui que Nicolas Sarkozy ait laissé "un peu de
temps" aux discussions sur les retraites, mais juge envisageable une mobilisation intersyndicale sur les questions d'emploi. M. Olive, qui n'était pas convié au sommet social à l'Elysée car
l'UNSA n'est pas considérée comme représentative nationalement, a cependant pointé "une grande timidité sur l'emploi". "Donc une mobilisation serait peut-être nécessaire sur les
questions d'emploi et de pouvoir d'achat, puisqu'on a un peu de temps sur les retraites comme le calendrier est repoussé", a-t-il ajouté. "L'intersyndicale va en discuter", a-t-il
conclu.
Source: AFP, Reuters