Tout au long de cette année 2009, les médias se sont fait l’écho des suicides de personnes détenues dans les établissements pénitentiaires.
Les articles traitant de ce phénomène et dont l’importance fluctue d’une année sur l’autre, ne présagent malheureusement pas d’une baisse à venir de ces suicides,
dont le passage à l’acte n’est jamais issu d’une seule cause mais de l’accumulation de nombreux facteurs.
Il convient néanmoins de ne pas oublier les personnels pénitentiaires, les premiers confrontés à cette violence passive.
Si la chancellerie et l’administration tentent d’enrayer ce phénomène chez les détenus, en prônant des solutions souvent décalées de la réalité du terrain et parfois
absolument impossibles à mettre en œuvre, elles n’ont qu’un regard pour le moins « détaché » en ce qui concerne les suicides au sein des personnels de surveillance.
Après France Télécom, l’administration pénitentiaire devient le théâtre d’une situation qui risque de devenir ingérable si rien n’est fait.
Depuis le 1er janvier 2009, ce sont 16 surveillants qui se sont donné la mort, parfois au cours de leur service sur le lieu même de leur travail.
En comparaison et ramené au ratio du nombre d’agents de cette administration, il est indéniable que cette situation devient largement plus préoccupante qu’à France
Télécom.
Partant du constat qu’il y a là un problème bien plus large que les seules conditions de détention ou d’exercice de missions, la CFDT Interco demande au Ministre de
la Justice de doter l’administration pénitentiaire de nouveaux moyens afin d’enrailler ce phénomène grandissant d’année en année.
La CFDT revendique une administration d'Etat forte et efficace, mieux d'Etat c'est une administration qui doit pleinement jouer ses rôles, celui d'impulsion, de
pilotage, et d'évaluation des politiques publiques, dans le domaine de la santé au travail, c'est vital.
La CFDT rappelle que les chefs de services de l'administration pénitentiaire, en leur qualité d'employeurs, sont responsables de la santé et de la sécurité des
personnels. A ce titre ils sont tenus de mettre en place, dans chaque établissement, des programmes de prévention des risques professionnels, y compris les risques psycho sociaux, en concertation
avec les représentants du personnel et en y associant les personnels eux-mêmes.
C’est la raison pour laquelle la CFDT revendique pour la fonction publique la mise en place de véritables CHS-CT offrant au personnel les mêmes droits et moyens pour
agir concrètement pour la prévention des risques et la santé au travail, que dans le secteur privé.
José PORCEDDU
Secrétaire National Justice
Fédération Interco CFDT